ALGER, 17 avr (AFP) - Le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, élu avec 73% des suffrages exprimés, a balayé les critiques contestant sa légitimité et entend bien être "le président de tous les Algériens".
Dès sa première déclaration après avoir été proclamé, il s'est dit résolu à concrétiser "la réconciliation nationale et mettre fin à l'effusion de sang". Il a souligné que sa préoccupation essentielle était de rassembler tous ses compatriotes sur le brûlant dossier de la violence islamiste.
Le nouveau président a annoncé que, dès sa prise de fonction, il examinerait le dossier de l'Armée Islamique du Salut (AIS, branche armée du Front Islamique du Salut - FIS, dissous), qui observe une trêve unilatérale depuis le 1er octobre 1997, afin de lui donner une "couverture juridique et politique". Jusqu'à présent, les autorités avaient gardé un silence gêné sur les négociations qui avaient abouti à cette trêve.
Pendant la campagne électorale, M. Bouteflika avait indiqué qu'il était prêt à discuter avec "tous les égarés", dans une allusion aux islamistes armés, à condition qu'"ils n'aient pas les mains tachées de sang".
Il entend ainsi faire de ce thème le test de sa volonté d'être le président de tous les Algériens sans exclure ceux qui n'ont pas voté pour lui.
Il a tenu à rassurer très fermement ces derniers en affirmant que, en tant que président de la République, il agirait "en toute impartialité et en toute justice" et qu'il solliciterait l'aide de tous afin d'oeuvrer, "au-delà des différences partisanes", à "tourner définitivement les pages sombres" de l'histoire du pays.